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Jean Racine Jean Racine

Né le 22 décembre 1639 à la Ferté-Milon (Aisne), orphelin en 1643, Jean Racine est recueilli par sa grand-mère maternelle qui, ayant deux soeurs et une fille religieuses à Port-Royal, s'y retire avec son petit-fils. Le jeune Racine entre donc aux Petites Ecoles de Port-Royal (1649-1658), où il suit un enseignement déterminant pour sa vie et sa carrière, entrecoupé par un bref séjour au collège de Beauvais et complété par une année de philosophie au collège d'Harcourt à Paris.


Ses études finies, Racine, qui loge à Paris chez son cousin Vitart, intendant du Duc de Luynes, fréquente les poètes et les beaux esprits. Il se lie avec La Fontaine, fait lui-même beaucoup de vers et de sonnets, écrit une tragédie, en ébauche une autre. Ces mondanités inquiètent et Port-Royal et sa famille, qui décident de l'arracher à la fréquentation des comédiens en l'envoyant à Uzès (1661), dans le Gard, où l'un de ses oncles lui fait espérer une charge ecclésiastique qu'il n'obtiendra pas.


Revenu à Paris, il se lie avec Boileau et Molière, acquérant des appuis dans le milieu littéraire en même temps que la reconnaissance de Louis XIV, qui lui offre des gratifications. En 1664, Molière fait jouer sur son théâtre du Palais Royal la première tragédie de Racine : La Thébaïde. L'année suivante, le même théâtre donne Alexandre, mais Racine, mécontent des acteurs, médiocres dans le tragique, porte sa pièce à une troupe rivale, se brouillant ainsi avec Molière.


Critiqué par ses anciens maîtres, qui jugent le théâtre immoral et ses auteurs "empoisonneurs publics des âmes", Racine se fâche avec Port-Royal et s'engage tout entier dans  une carrière dramatique des plus fécondes. En dix ans, il donne Andromaque (1667), s'essaie à la comédie avec Les Plaideurs (1668), rivalise avec Corneille (Britannicus et Bérénice en 1669 et 1670), fait jouer Bajazet (1672), Mithridate (1673) et Iphigénie (1674), son entrée à l'Académie Française en 1673 couronnant sa carrière.


En 1677, le succès de Phèdre est compromis par la cabale montée par la Duchesse de Bouillon et le Duc de Nevers, désireux de faire triompher une pièce concurrente. Dépité, en proie à des chagrins d'amours et à des scrupules de conscience, Racine renonce au Théâtre sans pour autant renoncer à l'écriture, se marie et renoue avec les Solitaires de Port-Royal.


Devenu historiographe du roi, il partage désormais son temps entre ses occupations à la Cour et l'éducation de ses nombreux enfants. A la demande de Mme de Maintenon, il écrira encore, pour les jeunes filles de Saint-Cyr, Esther (1689) et Athalie (1691), deux pièces d'inspiration purement religieuse.


Les dernières années de Racine sont attristées par une demi-disgrâce auprès du Roi, qui lui reproche sa fidélité à ses anciens maîtres, et par les attaques répétées lancées contre Port-Royal. Il décède le 21 avril 1699, laissant derrière lui, outre ses pièces de théâtre, des Cantiques Spirituels (1694) et un Abrégé de l'Histoire de Port-Royal qui ne sera publié en totalité qu'en 1767. Racine est inhumé, selon ses voeux, à Port-Royal-des-Champs.

Source : www.cg78.fr

 
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